Un évènement régional sur la transformation digitale des entreprises.

Preuve que le sujet est désormais accepté par une large part de la population, la transformation digitale des entreprises était le thème du 2nd Digital Summit, organisé par la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cet évènement regroupant 2 500 personnes ce 19 mars 2017, a proposé une journée dédiée à la transition numérique en invitant dirigeants, universitaires, institutionnels et start-ups lors d’un grand forum.
Accueil du Digital Summit à la région Rhône-Alpes le 19 mars 2018. La transformation numérique était le thème de cette année

Le Digital Summit 2018 se tenait à l’hôtel de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le sujet de la transition numérique a attiré plus de 2500 personnes.

Des entreprises, des start-ups, des consultants et des politiques.

La journée s’est organisée entre conférence, table ronde et présentation d’entreprises. L’hôtel de région regroupait plusieurs espaces :

Des startups exposaient au Digital Summit 2018

Le village des startups du Digital Summit regroupait plusieurs startups rhônalpines dont la délégation régionale présente au CES.

Une vision généraliste mais volontairement pragmatique…

Le sujet était vaste et complexe, le parti-pris a été de laisser la parole à plusieurs acteurs pour témoigner de leur expérience. Plusieurs grands groupes industriels (SEB, BOSCH notamment), des PME (Savoie Transmission), mais aussi des financeurs (fonds d’investissement, BPI) ont pris la parole à tour de rôle pour donner des exemples de bonnes pratiques ou leur vision. L’ensemble pouvait manquer de stratégie ou de prospective mais cela semblait assumé.

La volonté de travailler en réseau a été plusieurs fois affirmée : réseau entre entreprises et aussi entre collectivités et entreprises.

… mais aussi politique

Bien entendu, cette journée était l’occasion pour le pouvoir politique de faire des annonces. Nous en retiendrons deux qui ont été annoncées par le Président de la Région, Laurent Wauquiez, et la Vice-Présidente déléguée au numérique, Juliette Jarry.

La première est la volonté d’aider beaucoup plus d’entreprises dans leur transformation numérique. L’ambition affichée est élevée : multiplier par 40 le nombre d’entreprises accompagnées par les programmes régionaux et les acteurs institutionnels sur le territoire.

La seconde est financière. En effet, comment financer cette ambition ? La réponse est tombée dans l’après-midi : 120 millions d’euros vont être attribués à la mutation des entreprises. Ce chiffre n’est pas le financement à proprement parlé de l’objectif au dessus. Il s’agit de la « mutation » des entreprises, terme qui semble plus vague. On peut néanmoins faire un rapport entre les 40 000 entreprises accompagnées et les 120 millions, cela fait  3 000 €/entreprise. Montant faible pour envisager une progression forte, mais geste important car il envoie un signal et prouve que notre action sur le sujet commence à être entendue et acceptée.


Les constats au sujet de la transformation numérique des entreprises?

Cette journée était l’occasion de partager des constats et des enjeux sur la transformation digitale de entreprises. De nombreux chiffres ont été évoqués et plusieurs thèmes sont revenus régulièrement. Nous avons synthétisé ici les éléments qui nous semblent les plus forts et les plus partagés lors des séances auxquelles nous avons assistées.

La première idée qui a été partagée, est le fait que la transition numérique n’est pas un choix pour les entrepreneurs. Il s’agit d’une obligation pour créer de la croissance ou de l’activité, mais plus sûrement pour survivre dans le monde digitalisé.

Juliette Jarry

La seconde idée est le penchant qui donne du poids à la première. Le fait que les dirigeants français ne soient pas encore prêt à transformer leurs entreprises est, en effet, surprenant et problématique. Comment engager une mutation générale du tissu économique si ceux qui ont le pouvoir de décision, et financier, ne la valide pas ? Gros challenge pour les institutions et les consultants pour mettre en place des actions de sensibilisation et de la pédagogie dans les interventions.


Les enjeux de la transition numérique

Plusieurs enjeux sont ressortis des témoignages et des échanges. Voici ceux que nous avons retenus et qui nous semblent les plus pertinents.

La DATA

La donnée est bien entendu un sujet primordial quand on parle de digitalisation. Lors de l’atelier de la matinée sur l’industrie, des explications intéressantes ont été données sur ce sujet. L’idée qui a été émise par Pascal Mioche, d’Automatique et Industrie, est que les données ont de la valeur et que même si les entreprises ne savent pas comment les utiliser il faut en avoir.

Les données du passé vont donner des indications sur le futur.

Le big data donne d’autres indications que notre cerveau auraient interprété naturellement. Même si les TPE et PME n’ont pas le temps de les traiter, il est nécessaire de les stocker. La BPI est allée dans ce sens également, en expliquant que le Big Data donne des informations que nous ne connaissions pas avant.

Laurent Ruhlmann, de SEB a, lui, mis en avant le TRS (Taux de Rendement Synthétique) qui peut être amélioré par les data scientists en captant et analysant mieux les aléas. Il a notamment ajouté que les solutions numériques aident à analyser les process de manière fine.

 

L’usage numérique

L’usage en opposition à la technologie. Il est souvent sujet de l’outil en lui même et on oublie souvent l’usage qui en est fait. Plusieurs interventions ont pointé ce thème.

Pierre Arboireau, de Savoie Transmission, expliquait justement que son entreprise avait pour objectif d’améliorer la maintenance de ses clients et d’en baisser les coûts. Et que pour atteindre ce but il

Ne se focalisait pas sur la technologie mais sur l’usage.

Il faut retenir que ce n’est pas le choix d’une techno ou d’un outil qui va faire réussir un objectif de transition numérique. C’est l’appropriation des équipes et la façon de l’intégrer dans une stratégie qui va porter les fruits.

Laurent Ruhlmann détaillait aussi que la gestion de l’interface homme-machine pouvait être grandement amélioré en optimisant la gestion des flux d’informations. C’est à dire en répondant à la question :

Quelle information donner à qui et à quel moment ?

Les équipements, les données, les procédures représentent une telle masse d’information à traiter qu’ils deviennent un frein à la productivité. Si l’entreprise repense les usages de chaque collaborateur pour ne lui donner que ce dont il a besoin, on optimise les flux d’informations et la capacité du collaborateur à être efficace.

Conférence transformation numérique des entreprises en Savoie

Les ressources humaines ont été cité comme enjeu , faisant unanimité, de la transformation digitale des entreprises.

Les ressources humaines

Les RH sont, pour nous, LE sujet de la transformation digitale. C’est avec plaisir que nous avons vu la thématique revenir régulièrement dans les discussions.

Le premier point est la question des changements de métiers, voir de la disparition des métiers. Comme le disait Pierre Arboireau « s’il n’y a plus besoin de maintenance, que vont devenir les techniciens de maintenance ? »

C’est une crainte qui est régulièrement exprimée. Comment dès lors y répondre ? En expliquant que les métiers vont effectivement évoluer, que certains vont disparaitre mais aussi que beaucoup d’autres vont se créer. La plupart des métiers créateurs d’emplois de demain n’existent pas encore.

La formation des collaborateurs est une obligation

Le socle de « connaissance numérique » n’est pas homogène dans les structures et des programmes de formation pourront y répondre. Mais la formation devra aussi aller plus loin et pousser les salariés comme les dirigeants et les managers à être curieux et agiles.

La veille, l’ouverture, la coopération, sont des aptitudes qui ont été mises en avant par les dirigeants et par Eric Maurincomme, directeur de l’INSA Lyon. Dans son intervention où il expliquait que 4500 ingénieurs sont formés par an dans la région, il a mis en avant la volonté de l’école de former des talents adaptables en misant sur 3 piliers :

  • base de connaissance pragmatique (scientifique)
  • la mise en situation (stage en industrie)
  • mobilité internationale : comprendre la culture de l’autre pour travailler son adaptabilité

Et qu’il s’agissait de valeurs qui sont mises à disposition pour les formations des professionnels également.

Quelle place pour les TPE et PME dans cette transformation digitale ?

La première question de l’assemblée a pointé directement vers le besoin des TPE et PME qui n’ont pas les mêmes ressources (humaines et financières) que les grands groupes pour gérer cette mutation.

Le premier conseil a été donné par Pierre Arboireau en expliquant que la vision holistique est une méthode à adopter pour les petites entreprises. C’est à dire de piocher dans ce qui existe et de l’adapter à ses besoins et son secteur, en citant l’exemple de leur casque en réalité augmentée qui a reçu un prix de l’innovation, alors qu’il a été déployé très rapidement en utilisant des technos existantes.

Pascal Mioche, d’Automatique et Industrie, a complété en arguant que  que les grands groupes arrivent à aborder l’ensemble des sujets en parallèle. Au sein des PME cela est peut-être plus difficile mais relève du même objectif :

Résoudre à court terme des problèmes pour gagner en compétitivité.

Une opportunité pour les TPE et PME est le recrutement de jeunes diplômés qui peuvent introduire une démarche positive dans les structures. La recherche de sens des jeunes étudiants fait qu’ils sont prêts à s’investir dans des entreprises de taille petite et moyenne, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Conseil transformation digitale Savoie, Haute-Savoie pour les TPE et PME

L’accompagnement des TPE et PME est un besoin pour faire réussir la transformation numérique de ces entreprises.

La conclusion a été de souligner le rôle très important de l’accompagnement de ces TPE et PME. Cet accompagnement est formalisé au sein des structures régionales et locales, mais prend aussi la forme de conseil et d’intervention en entreprises comme nous le faisons.

Cette conclusion prouve que nous sommes dans le vrai et que l’appétence des TPE et PME pour la transition digitale a commencé.

Contactez-nous pour en savoir plus sur nos interventions !

Catégories : évènementsstratégie

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